Le principe de la mesure capacitive : techniques, domaines d'applications et exemples d'utilisations
Au sommaire pour découvrir le principe de la mesure capacitive :

Technique capacitive
Rappel du principe
La capacité C formée entre deux électrodes métalliques (électrode 1 de surface S et la cible en regard placée à la distance d) est de la forme :
La cible visée par le capteur peut être conductrice, depuis les métaux jusqu’aux composites carbones, en passant par les milieux acqueux, sans que diffère la valeur de la capacité formée, à dimensions comparables. Cette cible peut être en matériaux isolants, mais la loi ci-dessus n’est que partiellement valide.
Le milieu environnant de constante diélectrique ε est généralement constitué par l’air ambiant. Les propriétés diélectriques de ce dernier, qui interviennent dans la valeur de la capacité formée, se caractérisent par une très haute stabilité en fonction de la température, de l’humidité et de la pression.

L’importance de l'anneau de garde autour de l’électrode
Sans précautions particulières, le domaine de validité de la loi sous sa forme simple (C = ε x S / d ) est limité à des valeurs faibles de d (comparées aux dimensions de la surface S). Cette loi n’étant plus applicable dès que cette condition n’est plus vérifiée, il est impératif d’introduire autour de l’électrode de mesure ce qui est appelé un anneau de garde (électrode 2 du dessin ci-dessus) de manière à étendre son domaine de validité.
Il faut également noter que cette loi est vérifiée tant que le plan défini par l’électrode de mesure et celui défini par la cible sont parallèles entre eux. Tout écart de parallélisme va entraîner un écart de la réponse du capteur par rapport à la loi, d’autant plus marqué que la distance d est faible.
En pratique, la largeur de l’anneau de garde a été fixée à une valeur égale à celle du diamètre de l’électrode de mesure. Ce choix conduit à un écart de linéarité pratique inférieur à 0,5 % de l’E.M. pour toute la plage de fonctionnement. De plus cela conduit à avoir une E.M. égale au diamètre de l’électrode de mesure du capteur. D’où, en pratique, nous obtenons :
ÉTENDUE DE MESURE
=
1/3 DU DIAMÈTRE HORS-TOUT DU CAPTEUR
En mesure dimensionnelle, on peut utiliser soit la variation de distance e entre deux électrodes planes et parallèles pour les capteurs sans contact, soit la variation de surface entre deux électrodes concentriques pour les systèmes à contact (sous forme de capacité cylindrique à emboîtement, non développé ici).
Dans le premier cas, la cible constitue l’une des électrodes du capteur. Elle est le plus souvent réunie à la masse. Le cas trivial où la cible est isolée de la masse n’est pas développé, dans la mesure où il ne présente aucune difficulté de principe.
Nous examinons seulement la configuration où l’une des électrodes du condensateur mesuré est au même potentiel que la masse. En effet, d’une part ce cas est le plus fréquent en mesure sans contact et, d’autre part, cette disposition entraîne plusieurs difficultés métrologiques que seuls les conditionneurs de type CAP xxx développés par CAPAAB permettent de surmonter.

Les dimensions des 7 modèles de capteurs capacitifs standards
* Valable pour écart de linéarité ≤ 0,5% de l’E.M.
Gamme de température : de -55 °C à +125 °C
Câble capteur : triaxial, longueur standard 2 mètres, ⌀ ext = 3,2 mm, matériau PTFE

Vous avez un besoin en mesure capacitive pour des applications spécifiques ?
Électronique associée : CAP100
Le capteur capacitif étant un élément passif, il est donc nécessaire de le polariser afin de pouvoir accéder à sa valeur, valeur traduite sous forme de grandeur électrique.
La valeur de la capacité n’étant qu’un « intermédiaire de mesure », l’électronique permet de délivrer une tension Vm égale à l’inverse de cette dernière. Vm est donc linéaire avec la distance à mesurer.
Différentes solutions sont possibles pour obtenir Vm en sortie mesure de telle sorte qu’il soit linéaire avec la distance à mesurer. Seules les plus efficaces permettent de concilier performances et souplesse de mise en œuvre, le tout à un coût adapté.
Les solutions nouvelles proposées par CAPAAB répondent à ces critères pour polariser le capteur et délivrer l’information utile. Elles permettent, en particulier, d’éloigner le capteur de son électronique associée sans pertes sensibles de performances. Dans de nombreuses applications où les conditions de fonctionnement sont difficiles (zones peu accessibles, très haute température, rayonnement électromagnétiques, etc.), cela permet d’éloigner l’électronique associée au capteur.
Les enjeux d’une cible réunie à la masse
Comme cela apparaît sur la figure ci-dessus, la cible, dont on cherche à connaître la distance par rapport au capteur, est réunie à la masse. Ce cas de figure est le plus fréquent dans l’industrie.
Le fait que la cible soit réunie à la masse oblige, d’un point de vue électronique, à créer d’abord une source de tension in situ (ou non référencée) pour polariser l’électrode de mesure du capteur et de créer ensuite une source de tension parfaitement identique pour polariser son anneau de garde (non représenté sur la figure ci-dessus).
Les électroniques développées par CAPAAB sont conçues selon ce principe. Bien entendu, il est possible d’utiliser ce même principe lorsque la cible est isolée de la masse.

Il est à noter que, pour les 3 modèles CAP100, il existe 3 options différentes :
- Option A : Bande passante fixe en fonction du phénomène à observer
- Option B : Bande passante réglable à 0,2 – 2 –20 – 200 – 2k – 20 kHz
- Option D : Version haute stabilité
Courbe typique de réponse du capteur plan en fonction de la distance
Le graphe ci-dessous représente un exemple typique d’écart relatif de linéarité d’un capteur de 5 mm d’étendue de mesure (diamètre extérieur = 15 mm) visant une cible de 35 mm de diamètre.
Cet écart est obtenu en calculant la différence entre la valeur mesurée et celle issue de la régression linéaire réalisée sur les points expérimentaux puis en la divisant par l’étendue de mesure.
De plus, cette courbe typique a été approximée par un polynôme du 4ème degré de manière à pouvoir introduire une correction externe visant à réduire cet écart (par l’utilisation du module CAPLIN en sortie de module CAP 100 ou toute autre méthode).
NB : la courbe y représente l’approximation polynomiale de la courbe d’écart relatif de linéarité donnée en exemple

Les implications du concept du capteur plan / plan
Effets d’une non-perpendicularité entre la cible et l’axe du capteur
Le graphe ci-dessous représente un exemple typique d’écart relatif de linéarité d’un capteur de 5 mm d’étendue de mesure (diamètre extérieur = 15 mm) visant une cible de 35 mm de diamètre. Cet écart est obtenu en calculant la différence entre la valeur mesurée et celle issue de la régression linéaire.

Dans le cas d’une mesure d’épaisseur, deux capteurs sont placés de part et d’autre de la cible et fonctionnent simultanément.
Pour déterminer l’erreur sur la mesure d’épaisseur, il est nécessaire de combiner les erreurs de chacun des capteurs. Bien entendu, il existe une infinité de combinaisons possibles.
Aussi, l’évaluation suivante va être faite dans quelques cas particuliers.
Cas n° 1 : La cible est parfaitement au centre et son axe de rotation passe par l’axe des capteurs
L’erreur, au premier ordre, sur la mesure de distance est la même pour les deux capteurs. Donc l’erreur totale sur la mesure d’épaisseur est le double de celle du graphique.
Soit par exemple pour le capteur CC8 placé à 3 mm de la cible et pour un angle de 5°, une erreur de 2 * 0,29 % = 0,58 % de la mesure. Soit 3 mm * 0,0058 = 0,017 mm.
Pour une distance initiale de 6 mm, l’erreur pour 5 ° aurait été de : 2 * 0,05 % = 0,1% de la mesure, soit 6 mm * 0,001 = 6 μm.
Cas n° 2 : La cible est décalée vers l’un des capteurs et son axe de rotation passe par l’axe des capteurs
L’erreur totale est égale à la somme des erreurs de chacun des capteurs.
Soit par exemple : 3 mm pour l’un des capteurs et 5 mm pour l’autre et un angle d’inclinaison de 5 ° : 0,28 % + 0,08% = 0,36%, ce qui correspond à une erreur de 0,0036 * (5+3)/2 # 0,015 mm.
Effets d’une cible cylindrique perpendiculaire à l’axe du capteur
Lorsqu’un capteur plan vise une cible non plane (exemple d’un cylindre), la valeur de la distance mesurée va être faussée par rapport à celle que donnerait une cible plane.
Le graphe ci-dessous donne des valeurs pour deux capteurs standards (CC2 et CC5) visant la génératrice d’un cylindre de diamètre compris entre 8 et 512 mm. Plusieurs distances initiales capteur / cible ont été choisies selon la taille du capteur.
Ce graphe fait apparaître qu’il faut prendre en compte un étalonnage spécifique (sur cible réelle) dans l’hypothèse où l’on cherche à réduire l’erreur de mesure, notamment lorsque le diamètre de cette cible n’est que quelques fois celui du capteur.

Domaines privilégiés d'applications
La mesure capacitive est plus particulièrement utilisée lorsqu’une grande précision et une grande résolution sont recherchées. Si l’on y adjoint des conditions d’environnement sévères (haute température, faible accessibilité, petites dimensions capteur), le choix de cette technique devient difficilement contournable.
Il faut également noter que la mesure capacitive peut utiliser comme cible visée des corps peu conducteurs électriques (en comparaison avec les métaux) comme l’eau, la gomme de pneumatiques, les composites à fibre de carbone, le bois, etc., sans que la courbe d’étalonnage soit modifiée.
La cible visée par le capteur peut être totalement isolante. La courbe d’étalonnage, qui dépend alors de la constante diélectrique de la cible, doit être relevée par type de cible. L’étendue de mesure est plus faible (50% environ) que celle obtenue sur cible conductrice. Dans ce cas, où une mesure par capteur à courants de Foucault est impossible ou peu performante, le capacitif est une alternative possible aux systèmes optiques.
Bien souvent, la grande majorité des applications relève de besoins de laboratoires, de banc de test ou de qualification.
C’est pour répondre à ces demandes que les produits CAPAAB ont été développés.
Toutefois, en simplifiant l’électronique de conditionnement comparée à celle des CAP100, il a été possible à CAPAAB d’obtenir des systèmes de mesure simplifiés, alliant de hautes performances métrologiques et un coût compétitif.
Les croquis rassemblés à la fin du chapitre illustrent quelques exemples types d’applications.
Autres domaines d'applications
Mode 1/C (ou linéaire en distance)
En dehors des applications types listées en bas de cette page, le mode 1/Capacité (ou 1/C) peut être utilisé comme moyen de mesurer une variation de distance du corps d’épreuve dans le cas de capteurs de force, de pression ou d’accélération, par exemple, fonctionnant dans des conditions très sévères d’environnement (en température notamment).
Il est d’autant bien adapté qu’il suffit simplement d’intégrer l’électrode de mesure au capteur et de la relier à l’électronique capacitive au travers un câble de plusieurs mètres de longueur si nécessaire.
En outre, il est bien entendu possible de réaliser, au sein du capteur de force, d’accélération ou de pression, une mesure différentielle de manière, par exemple, à affecter l’un des capteurs au corps d’épreuve assurant la mesure de la grandeur principale (entachée des effets de la principale grandeur d’influence) et le second capteur à la mesure d’un effet lié à la seule action de cette grandeur d’influence.
Compte tenu des faibles dimensions des capteurs capacitifs, cette possibilité d’auto-compensation ne conduit pas à une grande complexité de réalisation.
Mode C (ou linéaire en capacité)
Ce mode de fonctionnement doit être utilisé lorsque la grandeur mesurée par le capteur fait varier la surface commune de ses électrodes. Les capteurs à emboîtement (à surfaces parallèles ou cylindriques) constituent cette famille particulière.
On peut également signaler le cas où la cible visée est de plus petite surface que celle de l’électrode de mesure du capteur. Dans cette configuration, où la relation entre la capacité mesurée et la distance n’est plus inversement proportionnelle, il peut être possible de fonctionner selon le mode “C”.
Mode différentiel : Ca - Cb = Cd
Ce mode de fonctionnement permet d’accéder à la différence entre deux capacités. Il est donc particulièrement recommandé pour réaliser des positionnements très précis par méthode de zéro. Pour cela, il suffit de réaliser un capteur double, le plus symétrique possible (en dimension et en coefficient de température), et de placer la cible au milieu ou de part et d’autre (cf. croquis ci-dessous).

En ambiante thermostatée, avec des capteurs réalisés en Invar, il est possible de réaliser des positionnements à quelques dizaines de nanomètres voire quelques nanomètres près pour des distances capteurs / cible de l’ordre de 0,5 mm avec des diamètres capteurs de 8 à 12 mm (cf. croquis ci-dessous).

Variante d’électronique
Mesures multiplexées au niveau des capteurs
Pour les applications où il est nécessaire d’implanter un grand nombre de voies de mesure, il est possible dans le but de réduire le coût d’investissement, de n’utiliser qu’une seule voie comparable à un CAP 100 (avec adaptation spécifique) relié à une carte de multiplexage.
Le nombre de voies multiplexées est usuellement de 8 ou 16 voies, sachant que la bande passante de la mesure est réduite d’autant. Avec une bande passante en monovoie de 20 kHz, il est possible d’obtenir 500 Hz par voie avec un multiplexage 16 voies.
La présentation d’un système multiplexé (ou scruté) est suggérée sur la figure ci-jointe.

Technique spéciale

Mesure d’épaisseur de matériau isolant
Dans cette application, un seul capteur est nécessaire, l’autre armature du condensateur étant constituée par une cible conductrice réunie à la masse.
L’entrefer entre l’électrode de mesure et la cible est donc constitué du corps diélectrique de constante εr et d’épaisseur a, et d’une lame d’air d’épaisseur (d-a) et de constante prise égale à εo. La valeur de la distance d est fixée.
La capacité mesurée C est alors égale à :

où C0 représente la capacité mesurée en l’absence de diélectrique dans l’entrefer.
Connaissant cette capacité ainsi que les valeurs de d et de la constante diélectrique εr, il est donc très facile de déterminer l’épaisseur du matériau isolant a.
Pour toutes informations complémentaires relatives à la mesure d’épaisseur d’un matériau isolant, nous vous enverrons une documentation spécifique à votre demande.

Vous souhaitez plus d’informations sur la mesure d’épaisseur d’un matériau isolant ?
Exemples d'utilisations
Utilisant un seul capteur
Vibration
Jeu d'aubes / carter en rotation
Utilisant plusieurs capteurs
Concentricité
Positionnement
Hauteur de liquide conducteur (eau)
Mesure du diamètre
Mesure d'épaisseur
Alignement
Mouvement orbital
d'un arbre
Mouvement orbital d'extrémités d'aubes
Mesure de circularité
/ cylindricité / conicité
Mesure de cylindres et de cônes
Exemples d'applications
Critère de sélection : gamme de résolution recherchée
1) Nanomètre / bande passante du continu à quelques hertz
a) Métrologie fondamentale
b) Optique : contrôle de forme, alignement de miroir, de réseaux, etc.
c) Micromécanique : servo positionnement
d) Microscopie à force atomique ou champ proche : contrôle des déplacements de l’échantillon
2) 0,1 μm / bande passante du continu jusqu'à 30 kHz
a) Contrôle dimensionnel (mono et multicapteurs) en environnement industriel
b) Monitoring / mesure des fréquences et amplitudes de vibrations ultrasonores
3) 1 μm / bande passante du continu jusqu'à 10 kHz
a) Contrôle dimensionnel de surfaces planes, cylindriques, quelconques (mono et multicapteurs) en environnement industriel
b) Mesure d’épaisseur de feuilles (métalliques ou diélectriques) en défilement
4) 10 μm / bande basante du continu jusqu'à 300 kHz
a) Contrôle dimensionnel en environnement sévère : haute température, faible accessibilité, rayonnement ionisant, etc.
b) Contrôle dimensionnel et vibratoire sur machines tournantes : turbomachines, compresseurs, turbo pompes cryogéniques, etc.
Critère de sélection : exemples d'applications
Utilisant un seul capteur
Recherche & Développement
- Contrôle de déplacement
- Positionnement de précision
- Réponse dynamique de pièce en mouvement
- Déformation sous contrainte (température, force, pression, etc.)
- Mesure dimensionnelle en environnement difficile
- Comportement de turbine et de compresseur (jeu, vibration)
- Suspension magnétique (palier fluide)
- Déformation de pièces isolantes : matières plastiques, pneumatique, bois, ciment, etc.
Production
- Contrôle dimensionnel sans contact en ligne et hors ligne
- Positionnement d’outil (usinage, presse, insertion, etc.)
- Contrôle de planéité (surface conductrice ou isolante)
- Positionnement de pièce à insérer
- Contrôle de faux rond
Utilisant 2 ou plus de 2 capteurs
Production
- Contrôle d’épaisseur sans contact en ligne et hors ligne
- Contrôle de longueur
- Contrôle de diamètre
- Contrôle de circularité, cylindricité (arbre et alésage)
- Alignement d’axes
- Contrôle de précession d’arbre en rotation